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Objar, photographe plasticien: une mémoire reconstruite

Le 20 juin '07 - L'aspect général des travaux d'Objar fait référence à l'intimité d'une mémoire, une mémoire reconstruite, recomposée par l'imagination.
Le fourmillement d'images superposées, collées, vues en transparence, ou translucides, porte toute une population de portraits de famille, d'écritures familières. Objar accumule cartes postales, lettres de parents lointains, livrets de famille en écriture d'institutrice et crée une vie très intense, sans nostalgie.

Des cartes postales d'un grand oncle, envoyées des tranchées de la Grande Guerre, juxtaposées à des portraits ovales de « Tata la boutique ».
Les images sont parfois retravaillées sur ordinateur, mais souvent tirées intactes et collées sur plexiglas. Images de plaques de verre authentiques venant du grenier d'un aïeul, vues d'une montagne ou d'un ravin, non loin d'un portrait de Georges Perec et d'un triptyque de trois vues -16 Janvier 1916- trois plaques de verres originales scannées, collection du grand père de l'artiste.
Les images de « Mamie » flottent dans des entre-deux de transparents sépia foncé, sanguine, ocre clair, brun profond, bistre, toutes teintes qui évoquent aussi l'histoire héroïque de la photographie.

On rencontre ainsi au détour de l'exposition la série « Biographie imaginaire », où l'artiste joue à cache-cache avec le roman familial , images fixées sur un album de photographies à l'ancienne des années 1870. Il y a quelque chose de ludique dans la recherche et l'appropriation de documents intimes et quotidiens. La juxtaposition d'écritures et de visages, d'écritures et de paysages crée comme un répertoire géographique et historique imaginaire. Jusqu'à la fiction de « Je me souviens quand… » ou encore des « Voyages en îles de table » où la réalité matérielle d'une vieille table en fer rouillée procure des territoires insulaires, des rochers où des icebergs. A ces géographies ou géologies improbables se greffent des décors tels que chez d'anciens photographes, où les personnages passent leur tête dans le trou pour être assis dans un aéroplane, ou drapés dans des rideaux de théâtre.

La série récente « Corps en mouvement », très différente, ne semble pourtant pas étrangère aux recherche précédentes. Photos de voitures éclairées en pleine course, image de Beaubourg ou d'autres quartiers de Paris où c'est le photographe qui bouge en faisant écrire les lumière avec le mouvement de l'appareil : même curiosité et même dimension ludique que dans les précédentes : une poétique très personnelle.

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